Flora Tristan – 1841 (134 pages)
“Je réclame des droits pour la femme, parce que je suis convaincue que tous les malheurs au monde proviennent de cet oubli et mépris qu’on a fait jusqu’ici des droits naturels et imprescriptibles de l’être femme”.
Flora émerge du mouvement tout neuf né après la révolution de Juillet 1830, qui renoue le fil avec les clubs féminins de la grande révolution.
On ne peut comprendre l’acerbe critique que fait Flora de toute la civilisation si l’on ignore qu’elle est Panthéiste : il s’agit pour elle de réaliser l’Idéal civilisé ici-bas. La civilisation assumait le Paternalisme social (Entreprise) et le Maritalat (Ménage). Le dépassement de la civilisation, l’accession à la Personnalité Sociale, passe donc par l’émancipation des Mineurs : émancipation du Salarié (question de classe) et émancipation de la Femme (question de sexe). Le Féminisme de Flora échappe donc aux deux impasses dans lesquelles se sont fourvoyées nombre de féministes : le féminisme de lutte de sexe (femmes contre hommes), et le féminisme de lutte de classe (femmes et hommes prolétaires contre la bourgeoisie).
Bien sûr, Flora ne nous donne pas le programme du nouveau Parti de Femmes Rouges d’aujourd’hui, ni le chapitre sur la question de la femme dans le Communisme, mais après Mary Wollstonecraft (1792), Flora (1843) fournit un traité qui n’a pas été dépassé jusqu’ici.
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Nous vous rappelons que nous vivons en pays occupé :
"Les murs ont des oreilles...".